BLOG « Ascèse »

TROISIÈME ENTRÉE: 14/06/13

La première phase de montage s’est arrêtée le 3 juin. Entre temps nous avons appris qu’ASCÈSE avait fait quasi l’unanimité CONTRE lui à la réunion du WIP. Donc pas de rallonge pour la post-production. Mais le moral est au beau fixe car nous commençons à recevoir des retours très encourageants d’éminents collègues à qui j’ai demandé de visionner le film: Marie-Hélène Mora, Guy-Marc Hinant,  Massimo Iannetta, Vincent Patar, Anne-Laure Guégan. Mais c’est surtout l’approbation à 100% de Francisco Lopez et de Barbara Ellison qui m’ont le plus soulagé car en tant que « personnages » du film et pourvoyeur de sons, ils constituaient un élément décisif dans la finition du film.

Nous reprenons le 24 juin et devrions étalonner à la mi-juillet.

FD le 14/06/13

DEUXIÈME ENTRÉE: 25/05/13

Ça y est, on a terminé un premier montage image.

Je reste toujours étonné lorsque mes « théories » fonctionnent dans la pratique (et c’est pas souvent :-) ). Je pense notamment à l’idée de créer un film en trois mouvements, tiré prioritairement par le son, histoire de trouver une « nouvelle manière » de monter une matière documentaire.

Bien sûr, le fait qu’il n’y ait pas un mot (IN ou OFF) le permettait grandement. J’avais aussi l’idée (vague) que le SON SYNCHRONE devrait correspondre à l’aboutissement d’un lent processus de dépouillement, bref, à une certaine ASCÈSE. La dernière partie du film raconte ce lent dépouillement, avec un parti-pris en faveur de l’ÉCOUTE (sur deux longs plans fixes dans la jungle où explose dans toute sa miraculeuse complexité un prélèvement sonore de Francisco LOPEZ). Le film se termine sur une succession de plans synchrones où Francisco et Barbara contemplent en silence, depuis une tour d’observation, la splendeur d’un lever du jour à Bornéo.

À ma grande joie, notre équipe constituée de Élise, Joe, Chris et moi-même a magnifiquement fonctionné. Tout le monde a apporté son lot de créativité et tenté de traduire les idées distillées par mon cerveau malade.

Mardi dernier Benoît DERVAUX est venu visionner les premières 20 minutes et s’est déclaré prêt à soutenir le film en tant que rapporteur à la prochaine commission de Wallonie Image Production à qui Seingalt a demandé une aide à la post-production. On croise les doigts car tout le monde arrive un peu au bout de ses ressources (en argent et en énergie)…

FD – Samedi 25/05/2013

PREMIÈRE ENTRÉE: 11/05/13

Le montage de « ASCÈSE » a enfin débuté! Élise Pascal (monteuse) Joseph & Chris Formanek (musiciens) et moi-même – François Ducat (réalisateur) – avons commencé par visionner une partie des rushes sur grand écran puis à patiemment réécouter la matière sonore accumulée depuis janvier 2012.

La grande particularité du processus de montage de ce film est que le son y est central tant sur le fond que sur la forme: l’idée est que ce soit lui qui raconte une histoire AVANT les images. Contrairement à la pratique habituelle, nous avons débuté par le MONTAGE SON et non par le MONTAGE IMAGE.

Il s’avère que cette méthode ouvre des perspectives insoupçonnées dans le processus créatif car elle permet de développer l’imaginaire infiniment plus que par l’image qui a tendance à verrouiller les interprétations.

Ici nous aurons trois mouvements:

– un premier mouvement décrit une jungle urbaine où le règne humain a cédé sa place à celui des machines. Il y a bien encore des signes du passage des hommes, des images fragmentées, des échos de communication brouillés, mais seul un couple s’y aventure encore dans une quête mystérieuse.

– Un second mouvement accentue l’antagonisme entre l’artificiel et le naturel pour déboucher sur un combat homérique entre ces deux forces d’où le naturel sortira vainqueur. Lentement la faune reviendra à la vie et un certain équilibre pourra se retrouver entre les différents éléments en conflits (la nature, les machine et l’homme). Une harmonie nouvelle naît entre les sons acoustiques et les sons électroniques.

– Le dernier mouvement montrera cet équilibre et cette sérénité retrouvée où le son semblera se réconcilier avec l’image, jusqu’à ce qu’une des forces reprenne finalement le dessus.

Un autre défi est de travailler sur cette construction sonore à 4: Élise et moi d’un côté et Joe et Chris d’un autre. Il y a eu beaucoup de discussions, d’aller-retours et de fichiers échangés pour arriver à trouver une procédure entre nous.

La semaine prochaine nous attaquons le montage image tout en continuant de peaufiner notre histoire sonore…

François Ducat / Anderlecht / le 11/05/13